En apesanteur pour faire avancer la recherche
Pour faire avancer la recherche sur le cerveau et la moëlle épinière, Heimiri Monnier, étudiante en thèse à l’Université Picardie Jules Verne, a effectué un vol en apesanteur. Une expérience unique.
Photos © Aurélie Boivin – Cd80
« J’ai toujours été curieuse, surtout par rapport au fonctionnement du corps humain. Pour moi, la partie la plus fascinante est le cerveau, car c’est la plus complexe et la moins comprise », explique Heimiri Monnier, étudiante en thèse à l’Université Picardie Jules Verne (UPJV). La jeune scientifique, qui est née et a grandi à Tahiti, a quitté la Polynésie après une licence en biologie pour suivre un master en neurosciences à Amiens. Elle poursuit aujourd’hui une thèse autour du système cranio-spinal au laboratoire CHIMERE, accueilli au sein de l’Institut Faire Faces. « Je m’intéresse au sang et aux liquides qui sont dans le crâne et au niveau de la moelle épinière chez l’Homme, comment ils vont se déplacer et interagir les uns avec les autres, dans un contexte sain donc chez une personne en bonne santé, mais aussi dans un contexte pathologique. »
Ces recherches pourraient améliorer à l’avenir des diagnostics et des prises en charge comme pour l’hydrocéphalie chronique de l’adulte. Une maladie encore méconnue : « Elle induit certains symptômes comme la démence et peut être confondue avec la maladie d’Alzheimer, alors qu’elle peut être réversible et traitée chirurgicalement, donc la vie des patients peut changer du tout au tout. C’est un gros enjeu de santé publique. »
« Faire évoluer la médecine »
En commençant ses recherches, Heimiri Monnier ne se doutait pas que cela l’emmènerait en octobre dernier dans un Airbus du Centre national d’études spatiales (CNES) pour un vol en apesanteur. Une expérience rare : « Le premier souvenir, c’est que tout le monde crie, à moitié de peur, à moitié de joie, car c’est une sensation que l’on ne connaît pas. On ressent une légèreté complète et on se sent juste bien, c’est une très bonne sensation. »
Pendant ce vol, la doctorante a pu mener à bien ses expériences et recueillir des données qui pourront être aussi utiles pour les astronautes, victimes de troubles visuels et de migraines parfois à leur retour sur terre. Après son doctorat, Heimiri Monnier souhaite poursuivre ses recherches : « À notre petite échelle, on arrive à faire évoluer la science, la médecine. »
Sandrine Bavard








